LE BUREAU — AUDIODESCRIPTION
L’histoire commence
Catherine PJ : Bonjour Marie Thérèse. Peux-tu nous parler de Marguerite de Flandre et Philippe le Hardi qui sont représentés ici ?
Marie Thérèse Garcin : Bonjour Catherine et bonjour à tous. Marguerite de Flandre et Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, se sont mariés à Gand, le 19 juin 1369. Tous les deux, ils œuvrèrent notamment à améliorer la qualité du vin en interdisant l’implantation du Gamay sur des sols calcaires et argilocalcaires. Une légende dit aussi qu’elle serait à l’origine de la race charolaise. Elle fit paver les rues de DIJON et fit mettre des étuves dans les cuisines ducales de Dijon. C’est elle qui pose le premier pavé de Champmol le 17 août 1383.
Le 12 février 1389, le roi de France, invité par le couple ducal, séjourne à Germole. Le lendemain, le roi est reçu au palais ducal à Dijon où la réception est particulièrement fastueuse. Le repas est magnifique :
Voix : Potage de purée noire à la ribelette de lard – Brouets de verjus – Hochepots de volailles – Pâtés d’alouettes avec l’andouille de fressure d’aignel et de chevrel – Lapereaux à la menthe – Marcassins confits – Porcelets farcis – Biscuits de cygne et de brocheteaux – Lièvres et conils à la moutarde – Poissons en pôchouse et sauce piquette – Faons et daims rôtis au four – Gélines au blanc manger – Beignets venteux à la fleur de sureau.
Et comme douceurs : gastelets fourrés, tarte au fenouil, darioles, crêpes aux nèfles, rissoles aux confits, blé vert et boichet.
Marie Thérèse Garcin : C’est le boichet qui nous intéresse car il est cousin de notre pain d’épices. Marguerite l’a ramené de sa Flandre natale.
Catherine PJ : Le boichet, l’ancêtre du pain d’épices, il est né en Flandres ?
Marie Thérèse Garcin : Oui et non. Le pain d’épices arrive sur les tables Européennes grâce aux croisades du Moyen-âge, les croisés sont partis défendre Jérusalem de l’autre côté de la Méditerranée et ils ont rapporté beaucoup de choses : de nombreuses épices et le pain d’épices. Les épices sont une marchandise précieuse, c’est un signe de richesse. Les épices ont longtemps servi de monnaie d’échange, au point d’être à l’origine de notre expression « payer en espèces ».
Le pain d’épices trouve son origine en Chine : « Le Mi-Kong ». Utilisé comme ration de combat par les cavaliers de Gengis Khan, il arriva dans toute l’Europe.
Catherine PJ : Marie-Thérèse, tu nous as fait voyager, mais Dijon, pourquoi la ville de Dijon est-elle devenue la capitale du pain d’épices ?
Marie Thérèse Garcin : Vous avez bien entendu Barnabé Boittier. Reims a tout d’abord joué le rôle de ville du pain d’épices.
Ce n’est qu’après la révolution que nait la tradition du pain d’épices dijonnais. Il est différent. Alors qu’à Reims, en Alsace et à l’étranger, on utilise la farine de Seigle. A Dijon, on utilise la farine de froment comme le boichet de Marguerite de Flandre. A Dijon il n’y avait pas de corporation de pain d’épices. C’était donc plus facile de s’y installer.Catherine PJ : Merci Marie-Thérèse pour ce voyage à travers le monde et à travers le temps. Je vous invite à poursuivre dans la pièce suivante où vous allez retrouver Sylvie, la responsable du site de fabrication.